On parle de plus en plus de l’impact des Perturbateurs Endocriniens (PE) sur la santé humaine.

Depuis des années, de nombreux scientifiques alertent sur les dangers des Perturbateurs Endocriniens aussi bien pour la santé des êtres vivants que pour leur présence dans notre environnement.
Et pourtant malgré leurs effets néfastes, on en trouve encore beaucoup dans de nombreux produits du quotidien : aliments, emballage, médicaments…mais aussi dans vos cosmétiques.

En attendant de voir la réglementation évoluée afin d’en limiter l’usage ou d’en interdire l’utilisation, il est important de comprendre leur impact et de savoir les identifier afin de limiter au maximum notre exposition !

Comment se définit un perturbateur endocrinien ?

Selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), les perturbateurs endocriniens se définissent comme :

« des substances chimiques, d’origine naturelle ou artificielle étrangères à l’organisme, qui peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien et induire ainsi des effets délétères sur cet organisme ou sur ses descendants ».

Ainsi, les perturbateurs endocriniens sont des substances qui ont la capacité d’interférer, seule ou à plusieurs, avec le fonctionnement normal des hormones des êtres vivants.

Certaines imitent l’action des hormones ou bloquent leurs récepteurs, d’autres entravent l’acheminement, la production ou la dégradation des hormones dans l’organisme.

L’impact de cette perturbation du système hormonal a été évalué chez l’animal. Ces études  recensent des conséquences multiples :
mauvais fonctionnement de la thyroïde, baisse de fertilité, diminution des éclosions, malformations grossières à la naissance, anomalies du métabolisme, féminisation des mâles, masculinisation des femelles, anomalies de comportement, déficits immunitaires (Réseau Santé Environnement).

Cette interférence a donc des conséquences variées sur la santé et le développement de la personne exposée.

Sur notre organisme, les perturbateurs endocriniens affecteraient :

  • la reproduction
  • le système immunitaire
  • la fertilité
  • le développement neurologique.

Sachant que ces effets néfastes peuvent de plus n’apparaître que longtemps après l’exposition ou se manifester à travers les générations (effets chez la descendance).
De plus, les conséquences que peuvent avoir les perturbateurs endocriniens sont très variables selon la substance, la dose d’exposition, l’âge de la personne…

Pourquoi les Perturbateurs Endocriniens nous inquiètent ?

Tout d’abord parce que ces substances sont très diverses !  Il ne s’agit pas seulement de molécules issues de la chimie lourde et d’origine synthétique, mais cela semble également concerner des substances naturelles.

Ensuite parce qu’aujourd’hui, nous sommes tous exposés à une multitude de perturbateurs endocriniens, qu’on le veuille ou non.  Que ce soit l’air que nous respirions, l’eau, les aliments, les cosmétiques, les emballages, certains médicaments… l’exposition est malheureusement multiple !

De plus, l’effet de ces perturbateurs endocriniens est particulièrement nuisible au cours de la période embryonnaire et de  la petite enfance : les femmes enceintes et allaitantes, les nourrissons, les enfants, les adolescents sont les personnes les plus à risques.

Et pour finir, le problème est que l’on ne mesure pas l’impact réel de ce cocktail de substances et de leurs effets sur le long terme ! 

Beaucoup de perturbateurs endocriniens ont déjà été identifiés : les phtalates, le Bisphénol A, les parabens, les alkylphénols, les composés polychlorés ou organochlorés…et pourtant à ce jour, de nombreuses substances sont suspectées et toujours à l’étude afin de mieux comprendre leurs effets.
Car malgré de nombreuses recherches scientifiques, les questions restent multiples face aux réponses apportées.

L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) est une instance scientifique indépendante dont l’une des missions est de mettre en place des travaux d’évaluation afin d’identifier les substances perturbatrices endocriniennes.

Ils ont dernièrement établi une liste prioritaire de substances à évaluer afin de pouvoir restreindre ou interdire leur utilisation.

En quoi l’impact des Perturbateurs endocriniens est-il si difficile à mesurer ?

Cela est notamment lié à plusieurs facteurs propres à ces substances :

1/ La dose/durée d’exposition :

Certaines de ces substances ont des effets toxiques clairement établis à forte dose, au delà d’un « seuil » défini. Mais en deçà de ce niveau d’exposition, l’effet néfaste est-il présent à très faible dose lorsqu’on y est exposé sur le long terme ?

2/ La notion de dose-effet :

Généralement, les effets nocifs des substances chimiques sont proportionnels à la dose reçue.
Ainsi une faible dose ne produit pas d’effet, une dose moyenne peu d’effets néfastes mais une forte dose engendrera des effets toxiques plus importants.
Cependant, des toxicologues ont remarqué que certaines substances chimiques peuvent suivre des réponses inversement proportionnelles à la dose, c’est-à-dire avoir des effets néfastes plus importants à faible dose qu’à fortes doses !

3 / La période d’exposition »

Comme nous l’avons vu plus haut, la sensibilité aux perturbateurs endocriniens (PE) n’est pas la même selon les âges de la vie.

On sait que c’est lors des périodes de croissance : fœtus pâr l’exposition de la mère, nourrisson, enfant et lors de la puberté à l’adolescence que la sensibilité aux PE est accrue.

4/ L’« Effet cocktail »

Il existe une multitude de molécules perturbatrices endocriniennes qui ont la possibilité d’interagir entre elles, et engendreront des effets biologiques : ainsi une même substance peut avoir des effets multiples voire interdépendants. C’est l’“effet cocktail” !

On constate qu’une substance peut, de façon isolée, ne pas avoir d’effet, alors qu’associer à d’autres les effets peuvent se potentialiser et s’avérer dramatique !

Comprendre les effets des perturbateurs endocriniens sur le long terme demande donc de prendre en compte de très nombreux facteurs qui varient énormément d’une substance à l’autre, selon la dose, l’âge de l’individu et les éventuels conséquences d’un mélange de différentes substances.
C’est pourquoi les études scientifiques sont très longues et extrêmement complexes à interpréter.

Comment faire pour se protéger des Perturbateurs Endocriniens ?

Puisqu’on nous disposons de peu de données sur les conséquences d’une exposition à un mélange de perturbateurs endocriniens sur le long terme, il est plus prudent de les limiter au maximum.

Pour s’en préserver, il faut absolument éviter l’utilisation des produits qui en contiennent et qui auront des conséquences sur notre qualité de vie et celle de nos enfants.

Pour vous aider à être le moins en contact possible avec ces molécules, voici quelques conseils :

  • Évitez l’application de produits cosmétiques qui en contiennent.
    Nous avions consacré un article sur le sujet et vous y trouverez la liste des substances à écarter. A consulter ici : Les perturbateurs encodriniens dans les cosmétiques !
    Ainsi que cet article : Méfiez-vous des Perturbateurs Endocriniens dans vos crèmes solaires !
  • Favorisez des aliments issus de l’Agriculture Biologique, lavez bien vos fruits et légumes avant de les consommer.
  • Conservez vos aliments dans des emballages en Verre, ou attendez qu’ils aient refroidit si vous avez des contenants en plastique.
  • Si vous réchauffez vos plats au micro-onde, évitez de les mettre dans des contenants en plastique.
  • Choisissez une bouilloire en Verre ou en Inox.
  • Préférez des casseroles et poêles sans revêtement en Teflon

Pour consulter la liste complète des substances incriminées rendez-vous sur le site d’Endocrine Disruptor Lists créé à l’initiative de 5 pays européens :

la Belgique, le Danemark, la Suède, les Pays-Bas et la France.

En résumé, les perturbateurs endocriniens sont des substances très complexes. Difficiles à caractériser, présentes dans nos produits du quotidien, et   potentiellement néfastes pour notre santé et le développement de nos enfants, il convient de les éviter le plus possible.